Être acheteur chez SOAL et présider une organisation européenne : un parcours exigeant mais porté par l’engagement collectif. Nicolas Coudry-Mesny, Responsable achats et président d’Eurofac, vient d’être nommé à la tête de la FEFAC (la fédération européenne des fabricants d’aliments composés), le premier français depuis vingt ans. Il nous partage les grandes lignes de ce nouveau rôle et les enjeux clés du secteur.
Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots votre métier d’acheteur chez SOAL ?
L’achat chez SOAL consiste à analyser les marchés pour acheter les matières premières au bon moment, au bon prix, tout en garantissant la qualité ; ce sont les basiques du métiers. Cela demande une veille constante sur des marchés très réactifs et internationaux. Mais c’est aussi un travail collectif : nous collaborons étroitement avec les équipes internes (industrie, nutrition, qualité) pour sécuriser les approvisionnements et répondre aux besoins de l’entreprise. Cela représente un volume de 650 Kt/an pour 220M€.
Qu’est-ce que la FEFAC ?
Créée en 1959, avec la France parmi les membres fondateurs, la FEFAC est la fédération européenne des fabricants d’aliments composés. Elle regroupe des organisations professionnelles dans la majorité des pays européens : 27 membres, couvrant 152 millions de tonnes d’aliments produits en Europe, avec une présence dans tous les pays. Elle porte la voix de la nutrition animale auprès des institutions européennes. Même si ses locaux sont situés à Bruxelles, en face de la Commission européenne, son rôle n’est pas politique : il s’agit avant tout d’apporter une expertise métier et opérationnelle pour accompagner les décisions européennes et leur mise en œuvre concrète sur le terrain, et il y a parfois beaucoup à faire… Aujourd’hui, les enjeux majeurs sont : durabilité, souveraineté et compétitivité. Au cœur de l’agriculture, le secteur valorise des coproduits, soutient les filières animales et contribue à répondre aux défis environnementaux et d’indépendance de l’Europe. La construction de la nouvelle PAC et l’intégration de l’Ukraine sont aussi de gros dossiers qui vont être au cœur de ce mandat
Comment êtes-vous arrivé à la présidence de cette organisation ?
Cela s’est construit progressivement grâce à une implication dans des actions collectives, d’abord en France puis en Europe. En tant qu’acheteur, je me suis engagé très tôt dans des groupes de travail sur les matières premières et la qualité, avant de représenter les fabricants français au niveau européen depuis 2017. J’ai ensuite pris la présidence d’Eurofac en 2021, l’organisation qui fédère les acteurs français de la nutrition animale au niveau européen, ce qui m’a permis de renforcer mon implication sur des dossiers européens et les échanges avec les institutions. Cette expérience et cet engagement m’ont conduit à me porter candidat à la présidence de la FEFAC, une élection qui s’est tenue lors du 31ᵉ congrès organisé à Bucarest les 19 et 20 mai.
Concrètement, quel est votre rôle et que souhaitez-vous accomplir pendant votre mandat ?
Nous n’écrivons pas les lois, mais nous travaillons avec les institutions européennes pour qu’elles soient applicables et adaptées aux réalités du terrain. Notre rôle est d’apporter une expertise opérationnelle, de dialoguer avec les différentes instances européennes et surtout de trouver des équilibres entre des intérêts parfois divergents selon les pays. Cela implique beaucoup d’échanges, de pédagogie et de recherche de consensus. L’objectif de mon mandat est clair : contribuer à renforcer les filières animales européennes et accompagner leur développement dans la durée. Cela passe par des sujets clés comme la durabilité, la souveraineté alimentaire ou encore la compétitivité, afin de soutenir l’ensemble de l’agriculture et proposer des solutions concrètes face aux grands défis du secteur.
Comment allez-vous concilier ce mandat avec vos missions chez SOAL ?
Je peux m’appuyer sur une équipe achats solide, composée notamment d’Olivier Carpentier, Grégory Grange et Antoine Daguerre, et une équipe d’approvisionneurs expérimentés, ce qui est une vraie force pour assurer la continuité des missions. En parallèle, je bénéficie du soutien de la direction, qui voit aussi l’intérêt de cet engagement collectif.
Concrètement, environ 30 à 40 % de mon temps sera consacré à la FEFAC, avec des déplacements réguliers, mais je reste impliqué dans mes activités, notamment sur les achats de tourteaux, l’activité de trituration de Graines d’Alliance. Cette organisation, rendue possible grâce au travail d’équipe, est aussi une opportunité d’apporter une vision élargie et utile à SOAL.
Un conseil pour les collaborateurs qui souhaiteraient s’engager ?
S’investir dans des actions collectives est très enrichissant, que ce soit dans la gestion des crises ou la construction de stratégies Long Terme. Il faut s’appuyer sur son expertise terrain, rester cohérent avec les objectifs de l’entreprise… et oser, même à l’international et donc en anglais !